Tous ceux qui me connaissent le savent : je hais tout ce qui ressemble à un voyage de groupe. Pourtant, il y a peu, c’est dans ce cadre que j’ai découvert le Canada. Pour ma défense, il ne s’agissait pas d’un groupe de quarante personnes vouées à voyager ensemble et à vivre tout du long les unes sur les autres : c’est à peu près tout ce que j’abomine. Là, nous étions seulement 12 personnes à participer, et le planning était conçu de manière à ce que chacun puisse respirer de son côté. Tout ça fait que pour finir, j’ai adoré. Non seulement je n’ai pas eu à stresser pour tout organiser (que ce soit le circuit, le dîner, ou les découvertes locales : tout était déjà organisé), mais ma femme et moi avons en plus pu découvrir chaque site en solo, sans jamais être gênés par les moments en groupe. Je dois vous avouer que j’ai parfois beaucoup de mal à vivre avec les gens, mais pourtant, je n’ai pas souffert de la promiscuité lors de ce séjour. Lorsque nous avons dû passer la soirée en groupe, nous avons même passé d’excellents moments. Ma femme et moi avons même échangé nos coordonnées avec un autre couple avec qui nous avons sympathisé à cette occasion : c’est dire ! Je ne sais pas encore si nous les appelerons : les liens qui émergent pendant un voyage durent rarement (comme s’ils étaient liés au contexte qui les a vus naître). Mais le seul fait que nous ayons voulu prendre leurs coordonnées témoigne à quel point cela s’est de manière générale bien passé. Attention, je ne prétends pas non plus que le groupe dans son ensemble m’a intéressé. Il y avait par exemple parmi les participants un vieux râleur (et je suis persuadé que chaque personne du groupe a réfléchi à l’éventualité de l’étouffer avec un oreiller durant la nuit, lors de ce voyage). Mais c’est en fait la seule ombre qu’il ait pu y avoir au tableau, parce qu’à part ça, le reste du séjour a été sublime. Si vous êtes persuadé que les voyages de groupe sont obligatoirement une punition, je vous invite à tenter votre chance ! Voilà le site de l’agence qui a organisé ce voyage au Canada, si vous voulez jeter un oeil à la programmation. Suivez le lien.

Une des personnes ayant commis la tuerie de San Bernardino aurait parlé de ses intentions de djihad sur les réseaux sociaux avant d’entrer sur le territoire américain. Les événements de San Bernardino ont fait réagir les candidats démocrates et républicains, en campagne pour les primaires. Depuis la tuerie du 2 décembre, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis veut que les propos des personnes tenus sur les réseaux sociaux soient pris en compte lors du processus de demande de visa, rapporte le Wall Street Journal. La raison? Tashfeen Malik, terroriste tuée lors de l’attaque, y aurait tenu sur Facebook des propos privés «exprimant son désir» de devenir une djihadiste, comme l’explique le Los Angeles Times (le FBI, par le biais de Reuters, a démenti cette information). Elle avait ensuite pu quitter le Pakistan et rejoindre aux États-Unis son époux, Syed Farook, l’autre terroriste, également tué par les forces de l’ordre. Au début de l’année 2014, l’ancien secrétaire d’État à la Sécurité intérieure Jeh Johnson avait refusé d’infléchir la politique migratoire des États-Unis, contrairement à ce que demandaient des fonctionnaires de l’immigration. Il craignait une réaction négative du public et des associations de défense de liberté civile, raconte ABC News. Les fonctionnaires de l’immigration n’ont donc toujours pas le droit de scruter les profils numériques de tous les citoyens étrangers demandant un visa américain. ABC News indique également qu’à l’automne 2014 le département de la Sécurité intérieure a débuté trois programmes pour inclure les réseaux sociaux dans le processus mais des responsables actuels ont affirmé que la politique n’allait pas être généralisée. Le sénateur démocrate Charles Schumer a, lui, demandé à ce qu’un programme en ce sens soit adopté: «S’ils avaient vérifié les données de Tashfeen Malik, peut-être que ces personnes à San Bernardino seraient encore en vie.» Cependant, il y a trois obstacles à une telle politique, explique Vocativ. Déjà, parce que les informations récoltées seraient beaucoup trop conséquentes pour être analysées –rappelons que ces mêmes fonctionnaires étudient plus de 10 millions de demandes par an, comme le mentionne le Wall Street Journal. Ensuite, parce que les propos (s’ils sont proférés) ne seront pas toujours aussi explicites et peuvent être effacés avant d’arriver sur le sol américain. Surtout, parce que les terroristes peuvent très bien agir sous couvert d’anonymat. Et, dans le cas où les aspirants terroristes seraient observés par le gouvernement, übergizmo note que le réseau social prévient maintenant ses utilisateurs «en cas de détection de cyber-espionnage».

La Cour des comptes a présenté ce mercredi ses conclusions sur l’efficacité de la taxe sur la valeur ajoutée. S’il reste l’impôt le plus rentable de France, il pourrait pourtant rapporter bien davantage à l’Etat. Tous les Français, de près ou de loin, connaissent la TVA. Il suffit de jeter un oeil sur n’importe quel ticket de caisse pour faire sa connaissance. Le gouvernement aussi la connaît bien, cette « taxe sur la valeur ajoutée ». C’est l’impôt qui rapporte le plus aux caisses de l’Etat. 156 milliards d’euros sont attendus en 2016. Un impôt au coeur de l’actualité, avec le débat parlementaire sur la taxe tampon ou encore l’affaire Mediapart, qui réclamait, en vain, un traitement fiscal comparable à celui des médias traditionnels, imprimés et donc de bénéficier d’un taux réduit. Les recettes pourraient pourtant être encore bien plus élevées. Ce mercredi, la Cour des comptes a publié un rapport sur l’efficacité du dispositif. Ses conclusions sont particulièrement critiques. Au moment de sa création, la TVA avait l’avantage de sa simplicité, synonyme d’efficacité. Mais sa finalité a progressivement été détournée. Alors qu’elle devait initialement se contenter d’alimenter le budget de l’Etat, elle a subi de profonds changements, des retouches à la portée politique, à des fins de redistribution ou de compétitivité. Autant de réformes qui ont fini par miter son assiette et ses recettes. Au final, les pertes se chiffrent, selon le rapport, à plusieurs milliards d’euros. La Cour des comptes, pour expliquer ce manque à gagner, souligne trois écueils majeurs. 1. Des choix inefficaces Difficile d’y voir clair, il est vrai, dans le fonctionnement de la TVA. Il existe aujourd’hui toute un éventail de taux, qui alourdissent son recouvrement et sa compréhension. Au total, la Cour des comptes recense quelque 150 mesures dérogatoires qui représentent un manque à gagner global de 48 milliards d’euros. Le rapport ne préconise pas l’unification des taux, qui ne serait pas forcément légitime. Des taux réduits peuvent tout à fait être justifiés par des considérations sociales. Mais la Cour recense certaines incohérences, et surtout des choix inefficaces. Le taux réduit pour la restauration par exemple, introduit sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Outre son coût élevé (2,6 milliards d’euros par an), il n’aurait permis de créer que 6000 à 9000 emplois entre 2009 et 2012, pour un coût par emploi compris entre 175 000 et 262 000 euros. L’addition est salée. Mais surtout, les entreprises n’en n’ont pas du tout profité pour diminuer les prix. La baisse des taux n’a été répercutée, selon le rapport, qu’à hauteur de 20% sur la note. 20% qui ont par ailleurs profité principalement aux ménages les plus aisés. Ceux qui se rendent le plus souvent au restaurant. 2. Un système trop facile à contourner De nombreuses entreprises parviennent d’ailleurs, sans difficulté, à échapper au reversement de la TVA. Il existe tout un arsenal de logiciels capables de refacturer a posteriori une transaction pour éviter de payer à l’Etat ce qui lui est dû. Une technique qui favorise également le travail au noir. Au total, la fraude, très difficile à chiffrer, diminuerait les recettes de TVA d’au moins 10 milliards d’euros. Le gouvernement a promis de s’attaquer à ce problème. Le 1er octobre, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé l’obligation pour les professionnels de s’équiper d’un logiciel d’encaissement agréé, censé rendre impossible la manipulation. Et puis il y a tous ces sites de e-commerce, de petite taille, qui ne s’inscrivent même pas auprès de l’administration française. Un rapport sénatorial publié en septembre dernier révélait que sur 715 000 sites de commerce en ligne au sein de l’Union européenne, seuls 979 étaient correctement enregistrés en France. 3. L’inconstance des politiques menées Il est tentant pour un politique d’actionner le levier de la TVA pour financer une mesure économique. Le prélèvement a l’avantage d’être particulièrement indolore pour les consommateurs, les premiers payeurs. Le 1er mars 2012, Nicolas Sarkozy faisait voter sa TVA sociale. Son principe était simple. Il s’agissait de porter le taux normal de TVA de 19,6% à 21,2% pour financer des baisses de charges accordées aux entreprises. Autrement dit, il s’agissait de redonner des marges aux entreprises en ponctionnant les ménages. Pendant la campagne présidentielle, le candidat Hollande avait promis de supprimer le dispositif. Il tiendra parole dès le début de son quinquennat. En septembre dernier, il concédait avoir fait une erreur à ce sujet. La France n’est pas la seule à avoir imaginé ce mécanisme de dévaluation fiscale. De nombreux pays européens, dont l’Allemagne, ont déjà franchi le pas. Le rapport reconnaît des effets bénéfiques de court terme. Les exportations étant exonérées de TVA, la hausse du taux, couplée à une baisse des charges productives, permettent de conférer aux entreprises françaises un avantage comparatif vis-à-vis des partenaires commerciaux. Néanmoins, cet effet a tendance à s’estomper sur le long terme. Parce que les pays voisins finissent toujours, eux aussi, à adapter leur fiscalité. Pour la Cour des comptes, la France aurait tout-à-fait pu miser sur ce levier. Ses taux restent aujourd’hui inférieurs à la moyenne européenne. Mais l’urgence serait moins présente désormais, depuis que la mise en place du CICE et du Pacte de responsabilité « ont réduit l’acuité du débat sur la dévaluation fiscale en France ».

Il y a des expériences qui, pour courtes qu’elles soient, marquent durablement. Telle est celle que j’ai faite la semaine dernière, lors d’un voyage à Aix en Provence. Je me suis en effet offert une expérience extraordinaire : un stage de pilotage d’avion. Une double première, en ce qui me concerne : non seulement je n’avais jamais piloté, mais je n’étais même jamais monté à bord d’un petit avion. Si vous êtes comme moi un habitué des avions de ligne, vous avez sans doute du mal à imaginer à quel point la différence est énorme. Voyager dans un Airbus revient à voyager dans un paquebot. Alors qu’un petit avion est plutôt comparable à une barque. Dans le premier, une mer déchaînée se sent à peine. Dans le second… Vous comprendrez donc pourquoi j’étais soulagé que la météo soit au rendez-vous ! :) Ce jour-là, il n’y avait pas trop de vent, et il y avait une bonne visibilité à des kilomètres à la ronde. Un temps idéal, en somme. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’ai été surpris de découvrir que je me suis occupé de chaque étape, et que j’ai notamment pu prendre en charge tout seul l’atterrissage ! Il y avait bien évidemment un pilote professionnel à mes côtés pour prendre les commandes en cas de difficulté, mais le fait est que j’ai fait atterrir l’avion sans qu’il ait à corriger notre trajectoire ! Si vous êtes impressionné, il faut savoir que ce n’est pas si impressionnant que ça. Parce qu’en réalité, piloter un petite appareil est extrêmement simple. En fait, on peut même apprendre à piloter avant d’avoir son permis automobile ! La seule chose que je regrette, c’est de n’avoir pas vraiment prêté attention à la vue : j’étais tellement focalisé sur l’horizon et sur l’assiette de l’appareil que je n’ai presque pas profité du paysage. Quoi qu’il en soit, je vous recommande vraiment d’essayer, si l’occasion se présente un jour ! Le pilotage d’avion est une expérience vraiment unique. Je vous mets en lien mon stage de pilotage avion à Aix en Provence, pour ceux que ça intéresse, suivez le lien.

pilotage avion aix en provence

Après avoir fait d’importants gains en Syrie face aux troupes d’Assad, les djihadistes de l’EI ont pris l’Irak d’assaut s’emparant d’importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l’Irak et la Syrie. » Des tests sanguins montrent que le groupe djihadiste État islamique (EI) a utilisé du gaz moutarde dans une attaque contre les forces kurdes en août, a déclaré jeudi le gouvernement de la région autonome du Kurdistan irakien. «Les résultats des tests sanguins effectués sur 35 combattants kurdes révèlent des traces de gaz moutarde», indique le ministère des Peshmergas, nom donné aux forces kurdes. «Pendant l’attaque des villes de Gweyr et Makhmur, l’EI a lancé environ 50 obus de mortier», selon la même source, en référence à deux villes situées au sud-ouest d’Erbil, la capitale du Kurdistan (nord). Selon le ministère des Peshmergas, 37 des explosions ont dégagé une poussière blanche et du liquide noir. Trente-cinq peshmergas avaient souffert de l’inhalation du gaz et certains avaient été transférés à l’étranger pour être soignés. Le ministère a exhorté tous les pays qui combattent le groupe djihadiste de fournir aux peshmergas des équipements contre les armes chimiques, en référence à la coalition internationale dirigée par les États-Unis qui mène depuis un an des frappes aériennes contre l’EI en Irak. Les autorités kurdes avaient minimisé l’attaque du 11 août, parlant de la possible utilisation de chlore. Ils n’avaient alors pas donné d’informations sur la gravité des blessures de leurs combattants. Le Wall Street journal avait de son côté cité des responsables américains qui disaient soupçonner l’utilisation de gaz moutarde par l’EI durant l’attaque. L’EI a lancé une offensive fulgurante en juin 2014 en Irak, qui lui a permis de prendre le contrôle de larges territoires au nord de Bagdad, dont certains proches du Kurdistan irakien.

Le danger de notre système, dans la pratique, est un sentiment d’irresponsabilité personnelle qui, tant qu’il dure, semble paralyser l’âme entière. Pour toutes nos fautes nous avons une excuse: la force des choses dont nous subissons l’empire. La volonté, dans le déterminisme exclusif, ressemble à un corps qui conserverait tous ses organes, mais dont le cœur ne battrait plus sans le secours d’une impulsion étrangère. Les théorèmes de la science morale subsistent, il est vrai; mais le moteur de la vie vraiment morale semble avoir disparu. Tout est l’œuvre de la nature, comme pour les théologiens tout est l’œuvre de la grâce, et rien ne paraît être l’œuvre de notre personnalité. Si nous en restions à ce point, la conciliation des doctrines pourrait en effet sembler une construction encore trop extérieure, qui aurait pour centre, ici une force vive, là l’inertie et l’impuissance. L’accord dans l’ordre des relations physiques, dans l’ordre des relations sociales, et même dans l’ordre des relations psychologiques, n’est pas l’accord complet dans l’ordre fondamental de la moralité la plus intime. Nous ne pouvons donc obtenir encore, en l’état actuel de la question et avec le déterminisme non rectifié, une conciliation vraiment et complètement pratique; car ceux qui sont persuadés de leur entière dépendance ne seront pas les mêmes dans la pratique morale que ceux qui s’attribuent une certaine indépendance. Ici, la question pratique et morale devient spéculative et métaphysique. C’est une transformation du problème à laquelle il était impossible d’échapper. La morale, en effet, n’est pas simplement une science indépendante de la pratique, ou une pratique indépendante de la science. Elle ne peut être assimilée, par exemple, à la géométrie ou à l’arpentage. Le géomètre théoricien ne se soucie pas de l’application; et d’autre part, pour appliquer les vérités géométriques, nous n’avons pas besoin d’être assurés que l’étendue est objective; ici les vérités relatives sont suffisantes. Au contraire, dans l’acte moral, il n’est pas indifférent que notre indépendance et notre responsabilité soit réelle ou apparente, que le devoir soit subjectif ou objectif. La pratique de l’arpentage ne change pas quand on considère l’espace comme une illusion; mais l’art de la vertu demeure-t-il le même pour celui qui ne s’attribue point une indépendance quelconque? Pourvu que, par l’arpentage, nous parvenions à modifier les apparences, nous nous inquiétons peu de savoir ce qui est au delà. Au contraire, quand nous faisons à l’idée de la société universelle le sacrifice de notre plaisir, de notre intérêt, de notre vie même, nous accordons à cette idée, semble-t-il, ne fût-ce que par hypothèse, une valeur supérieure; nous ne voulons plus seulement modifier une apparence, mais nous sacrifions des biens réels à un bien idéal que nous traitons comme s’il représentait plus ou moins symboliquement la réalité et la loi du monde. Par cela même nous accordons à l’idéal une certaine valeur objective; car, si nous le considérions comme étant certainement sous tous les rapports une pure illusion, l’idée même du bien moral et du dévouement à l’universel deviendrait chimérique en son dernier fond. Ainsi la morale proprement dite est par sa nature, comme la métaphysique, une recherche hypothétique de la loi suprême du monde, au moins dans les grandes alternatives de la vie qui ont quelque chose de décisif et parfois de tragique. Nous ne pouvons rester à moitié chemin dans la question de la liberté et de la fatalité: cette question est le point de coïncidence entre la pratique et la théorie, parce qu’elle est proprement la question morale, portant sur la loi suprême et la nature ultime de l’acte moral, de l’acte désintéressé. Par conséquent, pour obtenir une conciliation complète des systèmes dans la pratique morale,—mais dans celle-là seule et seulement dans la question précise de la moralité intrinsèque des actions,—nous sommes obligés de porter aussi loin que nous le pourrons la conciliation théorique, en cherchant jusqu’à quel point, sous l’idée de la liberté, peut se manifester une liberté réelle ou du moins un progrès vers cette liberté.

Lorsqu’on parle de libre marché, il y a toujours tout un tas d’intellectuels pour le blâmer : selon eux, le libre marché désavantagerait les plus défavorisés. Cette idée confère évidemment une approche de prime abord humaine qui justifie leur dégoût pour le libre marché. A les en croire, les pays en développement seraient ainsi brisés par la prétendue cruauté du libre marché, et l’existence des plus démunis serait encore plus difficile en raison de ce libre marché. Comme vous vous en doutez, je ne partage pas cette croyance, et lors d’un séminaire à Madrid mercredi dernier, un intervenant a attaqué point par point cette ligne de défense qui, sous ses airs sérieux, est parfaitement aberrante. En fait, il est difficile de trouver une allégation plus éloignée de la vérité. Les habitants des pays en développement endurent de manière générale un manque de libre marché plutôt qu’une trop grande présence ! Les plus démunis de par le monde vivent généralement dans un environnement où ils sont privés de toute liberté : ils ne sont en effet libres ni de circuler librement, et encore moins d’acheter et de vendre en toute liberté. Diminuer le libre marché amène à diminuer la liberté. D’où l’absence de libre marché dans des régimes dictatoriaux comme celui de la Corée du Nord : un régime qui ne fait déjà pas assez confiance en sa population pour lui accorder la liberté de vote ne donnera évidemment pas à cette population la possibilité de faire ses propres choix au sein du libre marché ! Durant ce séminaire à Madrid, l’intervenant est même allé plus loin dans son analyse, et a montré que le libre marché était en fait favorable aux plus démunis : non seulement il leur offre la possibilité de proposer leur travail à un public beaucoup plus vaste, mais en tant que consommateurs, les plus défavorisés obtiennent ainsi un accès plus large (et meilleur marché) à des biens et services. Bien loin de leur porter préjudice, le libre marché leur permet donc d’améliorer considérablement leurs conditions de vie ! Il ne reste plus qu’à le faire comprendre aux intellectuels vivant dans leurs tours d’ivoire. Et pour en savoir plus, allez sur le site organisateur de ce séminaire en Espagne pour toutes les présentations – suivez le lien.

Entre ingérence économique et solidarité financière, la tragédie grecque est le miroir des dysfonctionnements plus profonds de l’union monétaire Un grand merci aux Grecs. Ils sont les parfaits révélateurs des deux blocages majeurs que nos gouvernants refusent de voir. Sans solidarité financière et sans, en parallèle, droit à l’ingérence économique, la zone euro explosera tôt ou tard. Les progrès sur ces deux fronts existent, mais ils sont trop lents. Du coup, la gauche radicale Syriza s’est engouffrée dans cette faille de gouvernance pour obtenir de l’argent de ses partenaires sans contrainte de gestion. C’était jouer aux apprentis sorciers. Parce qu’aujourd’hui Bruxelles n’a plus le choix?: c’est la grande clarification autour de l’intégration, ou c’est le délitement accéléré. Certes, un sommet de la dernière chance s’est tenu à Bruxelles ce 7?juillet. Devant les 18 chefs d’États et de gouvernement membres de la zone euro, le dix-neuvième, le Premier ministre grec Alexis Tsipras, devait présenter de nouvelles propositions en forme de concessions. Les chances d’un compromis étaient jugées faibles mais possibles par les observateurs. Ce serait alors un colmatage plutôt qu’une refondation sur des bases saines. “Aujourd’hui Bruxelles n’a plus le choix?: c’est la grande clarification autour de l’intégration, ou c’est le délitement accéléré” “Solidarité et responsabilité?: cet équilibre doit être notre ligne de conduite”, avertissait la veille François Hollande de l’Élysée. À ses côtés, la chancelière allemande Angela Merkel rappelait que les dernières offres faites à Athènes – et refusées – étaient “très généreuses”. Quelle que soit l’issue de ce round de négociation, le fond de l’air est soudain devenu très frais pour l’ensemble des Grecs. Le Grexit, la sortie de la Grèce de l’euro, est ouvertement envisagé à plus ou moins longue échéance. C’est le cas aussi bien des pays nordiques et des États baltes qu’en Allemagne ou en France, à travers l’expression publique de leaders de l’opposition comme Alain Juppé. Ce positionnement s’explique par le comportement exceptionnel propre à la Grèce, mais c’est toute la zone euro qui ne peut plus vivre à l’heure de la complaisance. La lutte à mort avec les populismes a commencé. Elle ne se gagnera ni avec les vieilles méthodes du saupoudrage clientéliste, ni avec la distribution de crédits les yeux fermés. Elle se gagnera par des initiatives fortes, comme la création d’un Fonds monétaire européen – que réclame Nicolas Sarkozy. Pourquoi la gauche radicale a-t-elle perdu à ce point sa crédibilité?? En moins de six mois, le gouvernement Tsipras a mis à complètement à genoux l’économie déjà exsangue du pays. Le premier vote des Grecs de l’ère Syriza aura été de vider leurs comptes en banque pour placer leurs euros en lieu sûr, notamment en Allemagne. Résultat?: les fonds propres des banques grecques ont fondu et la BCE les maintient à flot par des liquidités d’assistance d’urgence (ELA), dont le plafond est fixé à 89?milliards d’euros. Ce n’est qu’un sursis. L’instauration du contrôle des capitaux a certes ralenti les retraits, mais sans collatéral sérieux dans le bilan des banques, la BCE est tenue de fermer le “tuyau ELA”. Or les actifs donnés en garantie sont pour une large part des bons du Trésor d’un État grec en faillite virtuelle. La gauche de la gauche a là l’occasion de comprendre le fonctionnement de la finance. “Alexis Tsipras avait choisi dès son arrivée au pouvoir la guerre asymétrique avec Bruxelles. À la fin, le “faible” l’emporte parce que le coût marginal de la victoire – en l’occurrence un Grexit – est trop élevé pour le “fort”. Funeste erreur” L’autre motif de crispation a concerné la négociation entre Athènes et ses créanciers. Comme toujours dans ces cas-là, les acteurs expliquent que le deal a raté pour une poignée d’euros, à propos par exemple de la hausse de TVA à Mykonos. En réalité, le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait choisi dès son arrivée au pouvoir la guerre asymétrique avec Bruxelles. À la fin, le “faible” l’emporte parce que le coût marginal de la victoire – en l’occurrence un Grexit – est trop élevé pour le “fort”. Funeste erreur. Pour verrouiller son affaire, Alexis Tsipras avait dans sa manche deux atouts maîtres. D’abord le peuple. Ce qui a pris la forme d’un référendum, le 5?juillet, sur le “oui” ou le “non” aux demandes des créanciers. Référendum annoncé après que les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne aient quitté Bruxelles le 26?juin dernier, persuadés qu’un accord “argent frais contre réformes” était dans la poche?! Et quel accord?: 16,3?milliards d’aides, 10,9?milliards pour la recapitalisation des banques, 1,8?milliard en provenance de la BCE, pouvaient être remis dans le circuit. De quoi payer largement toutes les échéances de 2015, y compris le FMI. Pourtant, les Grecs ont voté au référendum à plus de 61,3?% “contre le diktat de l’austérité” et pour des “discussions plus fermes” à Bruxelles.

L’absence de réaction face aux pratiques de surveillance de Washington témoignent de la vassalisation de l’Europe aux intérêts américains. La France aura été à l’honneur cette année lors de la célébration de la fête de l’Indépendance américaine. Présente le 4?juillet dernier devant la statue de la Liberté à New York, la réplique de l’“Hermione” – la fameuse frégate qui amena il y a plus de deux siècles le marquis de La Fayette vers les terres américaines – a connu un franc succès lors de son périple le long des côtes états-uniennes. “Plus ancienne alliée” de l’Amérique, comme se plaisent à le rappeler les dirigeants américains successifs, la France n’en est pas moins perçue à Washington comme une cible privilégiée par ses nombreuses agences de renseignement. La révélation il y a quelques jours, [le 23?juin] que les États-Unis (en d’autres termes, la NSA) avaient écouté sans interruption, de 2006 à 2012, les trois derniers chefs d’État français – Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande – a jeté un froid dans la relation étroite existant entre les deux nations. Créée en 1952 pour écouter l’URSS, la NSA s’est reconvertie à la chute de cette dernière dans la lutte contre le terrorisme. Il faut dire que le 11?septembre était passé par là. Peu à peu, la NSA (la communauté américaine du renseignement regroupe quelque treize “agences”, dont la NSA compte parmi les plus importantes) s’est dotée de capacités technologiques colossales lui permettant de collecter en temps réel des millions d’informations circulant au niveau mondial dans les différents réseaux et tuyaux, tels Internet et ceux du téléphone. Elle bénéfice aussi d’un appareil législatif qui la protège pleinement dans un quotidien où le respect des libertés publiques n’est plus une priorité, loin s’en faut. À l’annonce de cet espionnage pour le moins discourtois entre “alliés”, les réactions furent vives mais de circonstance et, bien sûr, sans effet. Nous étions dans une séquence de communication à destination de l’opinion publique. Pourtant, ces révélations faisaient suite à d’autres, elles aussi récentes, témoignant d’un espionnage systématique de l’Europe, de ses dirigeants et ses entreprises. Or là, rien à voir avec la lutte avec le terrorisme. Derrière cet objectif noble se cache une réalité crue et moins glorieuse. Si l’Amérique, l’Europe et la France sont bien sûr des alliées, nous sommes aussi, dit plus prosaïquement, en situation de compétition économique exacerbée – de guerre économique diraient certains. Les États-Unis entendent maintenir leur domination économique mais aussi monétaire par tous les moyens, le recours à l’espionnage en étant un des outils privilégiés. “Il est dommageable qu’en Europe et en France, nous n’osions pas qualifier la réalité telle qu’elle est. Ce n’est pas en faisant l’autruche que l’Europe sera demain plus forte économiquement et politiquement” Dans une perspective américaine, on peut comprendre cet objectif qui entend faire prévaloir les intérêts supérieurs du pays. Il est en revanche dommageable qu’en Europe et en France, nous n’osions pas qualifier la réalité telle qu’elle est. Ce n’est pas en faisant l’autruche que l’Europe sera demain plus forte économiquement et politiquement. La sorte de renoncement face aux menées inamicales de Washington à laquelle on assiste depuis le fin de la guerre froide témoigne d’une vassalisation croissante de notre partie du monde, et de notre intégration dans un grand ensemble Atlantico-occidental où l’Europe a de moins en moins son mot à dire. La prochaine étape de ce renoncement sera sans doute l’acceptation du grand marché transatlantique qui, derrière des arguments économiques très largement contestables, nous ligotera définitivement. Pour en revenir au cas d’espionnage qui nous intéresse, l’absence de réaction est souvent mise sur le compte du fait que “tout le monde espionne tout le monde”. Oui, peut-être est-ce le cas mais, à moins de faire preuve d’une cécité confondante, force est de constater que, du fait notamment de l’indigence de ses moyens, le David européen ne risque pas demain de terrasser le Goliath américain…