L’année dernière, la disposition de l’accord conclu entre l’UE et la Turquie, prévoyant le renvoi en Turquie de toutes les personnes arrivées illégalement sur les îles grecques, y compris des demandeurs d’asile, continuait de bloquer un grand nombre d’entre elles sur les îles, dans des conditions désastreuses, le temps des longues procédures d’examen de leur demande d’asile. En septembre, le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative du pays, a rejeté les recours en dernière instance déposés par deux réfugiés syriens contre les décisions d’irrecevabilité de leurs demandes d’asile au motif que la Turquie était un pays tiers sûr. Cette décision ouvrait la voie aux premiers renvois forcés de demandeurs d’asile syriens au titre de l’accord entre l’UE et la Turquie. À la fin de l’année, 684 personnes avaient été renvoyées en Turquie depuis les îles grecques ; elles étaient 1 485 à avoir subi ce sort depuis l’entrée en vigueur de l’accord UE-Turquie. Parmi elles figuraient cinq ressortissants syriens qui se trouvaient en détention et n’avaient pas formé de nouveau recours contre leur renvoi après avoir été déboutés en deuxième instance. En octobre, des ONG, dont Amnesty International, ont rassemblé des informations sur des cas dans lesquels des demandeurs syriens avaient été automatiquement placés en détention à leur arrivée car les autorités pensaient qu’ils seraient rapidement renvoyés en Turquie aux termes de l’accord UE-Turquie. Les autorités grecques pratiquaient une discrimination à l’égard de demandeurs d’asile de certaines nationalités. Du fait de l’accord UE-Turquie, beaucoup de ressortissants de pays considérés comme une source de « migrants économiques » plutôt que de « réfugiés » étaient automatiquement placés en détention dans l’attente de leur renvoi en Turquie.