D’après SNCF Réseau, les charges de gestion de l’infrastructure associées à l’ensemble des « petites lignes » (catégories UIC 7 à 9 AV et SV) sont d’environ 600 M€ par an. On peut ajouter à ce montant environ 150 M€ de dépenses annuelles de régénération financées par les régions et l’Etat dans le cadre des CPER, soit un total de 750 M€ par an. Les péages perçus par SNCF Réseau pour ces lignes sont de 90 M€ annuels, hors redevance d’accès. Le maintien à long terme de ces lignes nécessiterait de tripler l’effort de renouvellement, pour atteindre environ 500 M€ annuels. A niveau d’effort constant, selon SNCF Réseau, 4 000 km de lignes sur 9 000 pourraient être fermés aux voyageurs d’ici 2026, en raison de leur obsolescence. Il convient d’y ajouter les coûts d’exploitation des trains. Les lignes de catégorie 7 à 9 supportent 25% de l’offre TER, soit 1 milliard d’euros de dépenses annuelles, hors investissements de matériel roulant.50 Les dépenses publiques consacrées aux petites lignes s’élèvent donc à 1,7 milliard annuels (1 milliard d’exploitation des trains, 600 M€ d’exploitation de l’infrastructure et 150 M€ d’investissements de régénération), soit 16% des concours publics au secteur ferroviaire. Elles doivent être rapportées aux trafics, moins de 10% des trains et surtout moins de 2% des voyageurs. Chaque kilomètre parcouru par un voyageur coûte ainsi 1€ à la collectivité. L’économie qui pourrait être réalisée en cas de fermeture des « petites lignes » serait donc considérable : – Pour l’infrastructure, de l’ordre de 500 M€ par rapport à la situation actuelle (compte tenu des dépenses résiduelles, notamment relatives aux obligations réglementaires de surveillance) ; les péages sont neutres à l’échelle de la collectivité ; – Pour l’exploitation des trains, le transfert sur route d’un service ferroviaire de voyageur en zone peu dense permet une économie de 70 à 80% selon le niveau de service retenu pour les autocars51, soit 700 à 800 M€, auxquels il faudrait encore ajouter les économies sur le renouvellement des matériels roulants. L’économie liée à la fermeture des petites lignes pour le système s’élèverait donc a minima à 1,2 milliard d’euros annuels (500 M€ sur l’infrastructure et 700 M€ sur l’exploitation des trains).